L’histoire maritime se raconte en Finistère

Le Finistère, avec ses 1200 kilomètres de côtes et les trois mers qui l’entourent (l’Océan Atlantique la Manche et la Mer d’Iroise), a une histoire commune et ancrée, riche d’expéditions et de récits. Le département s’est bâti au fil des âges autour de la mer, actrice à part entière de la vie bretonne. Il jouit aujourd’hui d’un patrimoine maritime exceptionnel qui chaque jour conte son passé, son présent et son avenir.

Le Phare de l’île Vierge à Plouguerneau

De l’enfer au paradis ! C’est l’histoire des gardiens de phares. Si le gardien commençait sa carrière en enfer, dans un phare en pleine mer, il pouvait espérer rejoindre le purgatoire quelques années plus tard dans un phare sur une île avant de rejoindre le paradis dans un phare à terre.

Le phare de l’île Vierge fait partie de ces purgatoires magnifiques. Plus haute sentinelle d’Europe avec ses 82m et plus haut du monde en pierre de taille, cet incroyable bâtiment est à découvrir après une courte traversée depuis Plouguerneau. Ce qui attend le visiteur au bout de l’escalier en spirale et de ses 397 marches ? Une vue incroyable et imprenable sur l’archipel de Lilia et sur l’aber Wrac’h.

Le dernier gardien du phare, Jean Malgorn a quitté son poste en 2010 après 39 ans de service, et il n’aurait rien changé à sa vie.

« Si c’était à refaire, je recommencerais et ma préférence irait encore à l’enfer : je n’ai jamais voulu aller dans un phare à terre ».

Si l’automatisation des phares réduit considérablement le nombre de gardiens, ces sentinelles centenaires illumineront encore l’histoire du Finistère pendant de nombreuses années.

Le Musée national de la Marine à Brest

En plein cœur du château de Brest, classé Monument Historique depuis 1923, dans un cadre exceptionnel se trouve le Musée national de la Marine. Cet espace dédié à l’histoire de l’arsenal de Brest et à la Marine française témoigne de 17 siècles d’histoire navale. Il est l’un des cinq Musées nationaux de la Marine en France.

Les différentes collections présentées dans le musée avaient d’abord été installées au premier étage de l’atelier de sculpture de l’arsenal de Brest avant d’être évacuées à Morlaix pendant la seconde Guerre Mondiale pour finalement retrouver sa ville d’origine, dans les tours Paradis du Château en 1958.

Avec les extensions du musée et la restauration du château, l’accueil des visiteurs est désormais optimal et l’offre culturelle s’est développée : ateliers, expositions, découvertes, visites libres ou commentées, c’est un large choix qui s’offre aux visiteurs. En quête d’aventures, d’histoires et de bonds dans le passé, venez admirer les différentes œuvres et pièces de collection dont le Bateau à vapeur de Jouffroy d’Abbans ou encore le Canot impérial de Napoléon Ier !

Avant-première : Un nouveau centre national des phares et balises à Brest et Ouessant en 2021

Dans les esprits depuis bientôt 10 ans, le futur Centre national des phares verra donc le jour en 2021. Il associera deux sites, le musée existant situé dans l’enceinte du phare du Creac’h à Ouessant et un nouvel espace situé sur le port de Brest. Les travaux devraient commencer dès l’automne prochain sur le port de commerce. Ce musée permettra de retracer et de comprendre l’histoire de la navigation en immergeant totalement le visiteur dans une atmosphère maritime.

Le moulin à marée du Hénan à Névez

Névez, pays des chaumières situé entre Pont-Aven et Concarneau, regorge de de pépites, témoins d’un patrimoine et d’une histoire maritime riches. Le long du GR34, certains vestiges du Moyen-Âge s’offrent aux visiteurs, comme le moulin à marée du Hénan. Ces bâtiments utilisaient le phénomène des marées pour fonctionner en se servant d’un bassin de retenue. Le moulin du Hénan, datant du XVè siècle, utilisait lui les flux et reflux de la rivière soumise aux marées et est encore aujourd’hui un monument historique qui témoigne du passé breton et des techniques et savoir-faire ancestraux.

Grand lieu de villégiature de la Belle Époque, Port Manec’h était bien avant cela, au XIXe siècle et XXe siècles, reconnu comme un port sardinier dynamique qui accueillait une cinquantaine de chaloupes sardinières. S’il est aujourd’hui devenu un petit port de mouillage, son histoire compte également des artistes célèbres venus peindre cette lumière si particulière.

Le château du Taureau à Plouezoc’h

Construit pour protéger la ville d’attaques britanniques, les travaux de construction du Château sur l’île du Taureau démarrent en 1542. Sous Louis XIV, la Bretagne n’est plus libre de sa politique. Le Roi Soleil entrevoit la position stratégique du château vis-à-vis de l’Angleterre et y envoie donc Vauban, son ingénieur militaire, pour moderniser les fortifications.

La responsabilité du château soustraite aux mains de Morlaix, le fort sera entièrement reconstruit pour y recevoir canons, soldats, officiers… avant de devenir une prison !

Après quelques années, le château passe de centre de détention à résidence d’été de la famille Vilmorin puis à école de voile avant de retrouver sa réhabilitation touristique et d’ouvrir enfin ses portes au public. Un édifice magnifique à visiter sur un îlot rocheux majestueux, posé en pleine mer.

Aboukir Bay à Morlaix

Automne 1893, le trois-mâts barque en fer Aboukir Bay fait naufrage en Baie de Morlaix.

Avec des vestiges remarquables : proue et poupe partiellement intactes, ancres, vergues et mats encore bien visibles, cette épave suscite la curiosité des plongeurs en quête d’aventures sous-marines.

Fort de ce patrimoine archéologique, Morlaix Communauté et ses partenaires se sont penchés sur la question de ce navire laissé à l’abandon et ont donc décidé de lancer le développement d’un projet de valorisation subaquatique de l’épave. En associant histoire et technologie, le projet Neptune a vu le jour : il s’agira de plonger au cœur de l’épave, d’y explorer sa faune et sa flore au moyen de la réalité virtuelle. En s’appuyant sur les compétences de la station biologique de Roscoff, de l’ADRAMAR et des outils de la Maison du tourisme, la Baie de Morlaix pourrait faire plonger des centaines voire des milliers de curieux au plus profond de l’océan d’ici 2020 !

Le chantier du Guip à Brest

L’histoire commence en 1976 sur l’impulsion de Francis Duwez qui sera ensuite rejoint par Yann Mauffret, Alex Abarrategui et Paul Bonnel. Aujourd’hui, c’est sur 1000 mètres carrés dans un hangar vitré de Brest donnant sur le quai Malbert que seize personnes s’attèlent au quotidien à l’atelier en démontrant leur savoir-faire et champs d’expertise. Charpentes, ébénisteries, technique embarquée, le chantier est divisé en zone métiers et peut accueillir du plus petit bateau aux yachts et gros navires allant jusqu’à 100 tonnes.

Après les rénovations du mythique Pen Duick, le premier voilier d’Eric Tabarly et du Sumurun de l’architecte écossais William Fife, une « référence », véritable monument historique flottant récemment acquis par un amateur de yachts classiques, le chantier s’occupera du ?Dalh Mad , le sloop de bordage de la ville de Landerneau. Il assurera ensuite la restauration complète du ?Juana , un bateau de course argentin qui restera à Brest jusqu’à la nouvelle édition des fêtes maritimes de la cité du Ponant qui se déroulera du 10 au 16 juillet 2020.

« En 2018, notre chiffre d’affaires avait augmenté de 20 à 30 % et 2019 s’annonce tout aussi chargée. Les armateurs nous réclament aujourd’hui un process très structuré, un suivi documentaire mais aussi des conditions de travail de qualité ». Yann Mauffret, gérant du chantier du Guip.

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